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La Terre: Les innovations du futur

Dans mon article La Terre: La situation actuelle, je parle de la désynchronisation écologique que l’humain a créée, qui est selon moi le premier niveau de conscience à avoir pour la prochaine étape de notre futur. Dans ce présent article je parlerai d’espoir, et de virage vers un avenir respectueux des règles qui régissent la vie sur Terre. Dans la situation actuelle, c’est comme si nous roulions à 100 km/h vers un ravin. La solution à cette épineuse problématique ne serait pas d’uniquement réduire notre vitesse à 50 km/h, mais également de tourner le volant jusqu’à ce que la voiture soit dans une direction qui évite le ravin. Un virage basé sur l’innovation et le changement. Comme en voiture, on doit réduire notre vitesse avant de tourner le volant pour ne pas perdre le contrôle et faire des tonneaux. Cependant, plus nous amorçons le virage près du ravin, plus la manœuvre devient périlleuse car elle doit être brusque, et risque tout de même de nous faire tomber. Je crois que nous devons apporter un virage à notre créativité, nos philosophies, nos systèmes sociaux, nos habitudes de consommation, et surtout notre économie qui, à elle seule, influence tout le reste. Une fois que notre voiture ne sera plus en direction du ravin, nous pourrons sans doute revenir à 100 km/h. Au cours des dernières semaines, je me suis éduqué sur différentes innovations qui existent présentement. Les philosophies que ces innovations utilisent ont le potentiel de changer notre trajectoire vers le ravin. Je ne crois pas que la solution est de garder nos vieilles philosophies en les diluant, mais plutôt d’innover pour changer nos façons de faire, et ainsi être en symbiose avec l’écologie de la planète. Encore faut-il que ces innovations soient mises de l’avant et adoptées par la société et ce, rapidement.

Durant mes recherches, je suis tombé entre autre sur le travail d’un belge appelé Gunter Pauli. Pauli a fondé en 1994 la fondation ZERI (Zero Emission Research and Initiatives) qui réuni plusieurs chercheurs qui ont innové de façon bien intéressante pour relever les défis de notre ère. Ces chercheurs se sont inspirés de phénomènes naturels déjà existants pour concevoir leurs innovations, un principe appelé le biomimétisme. Dans la série de livres par Gunter Pauli The Blue Economy on y trouve plusieurs de ces innovations. Est ce que l’étude de la nature pourrait nous permettre de remplacer nos méthodes actuelles de créer des emplois, de la nourriture, de l’énergie, etc., tout en ayant un impact positif pour toute forme de vie sur Terre? On se rend compte aujourd’hui que la balance écologique est très complexe et que les organismes (humains inclus) sont en symbiose les uns avec les autres, c’est-à-dire que les comportements d’un organisme favorisent la survie d’un autre qui, à son tour, assure la survie d’un autre, et ainsi de suite. Par exemple les fleurs ont besoin des butineurs et les butineurs ont besoin des fleurs afin d’assurer leur survie mutuelle. Si l’on continue d’ignorer cette symbiose, nous menaçons toutes formes de vie sur Terre, tout comme si nous retirions les cartes à la base d’un château de cartes. Nous avons l’intelligence et les ressources pour étudier cette symbiose écologique et la reproduire à notre avantage. Je crois même qu’il en est la responsabilité de la race humaine sur Terre.

La création d’énergie

L’idée de créer l’énergie est de transformer un élément ou un phénomène d’une forme inutilisable à utilisable, par un processus qui dépend de la nature de l’élément ou du phénomène. Une portion cruciale de notre défi est de convertir la façon dont nous produisons notre énergie. Pensons à tous les appareils fonctionnants sur une source d’énergie quelconque et regardons d’où vient cette énergie. On découvre souvent que l’appareil en soi ne pollue peut être pas, mais qu’en revanche la source d’énergie qui l’alimente, elle, pollue. Les voitures électriques en sont un parfait exemple. Au Québec, la grande majorité de l’énergie utilisée pour charger ces voitures est hydro-éclectique, ce qui est une énergie qui a un minimum d’impact environnemental négatif (malgré le fait que nous avons très certainement détruit un écosystème pour avoir cette source d’énergie). Cependant, dans la majorité des autres provinces canadiennes et aux États-Unis, l’énergie y est principalement produite par le nucléaire ou le charbon. Si nous changions demain matin toutes les voitures en Amérique pour des voitures électriques, nous aurions besoin de créer une énorme quantité de centrales énergétiques polluantes pour fournir la demande électrique, ce qui, en bout de ligne, serait contraire à ce que nous tentons d’accomplir. Il est donc impératif de changer la façon dont nous produisons notre énergie à la base. Le soleil envoie sur la Terre en une heure la même quantité d’énergie que l’humanité consomme en une année. L’énergie solaire crée aussi des courants d’air qui forment éventuellement les vents et ces vents créent à leur tour des vagues dans l’océan. Il s’agit d’une source d’énergie naturelle infinie qui se présente en plus sous plusieurs formes différentes, offrant plus de flexibilité pour innover. Il me semble donc logique de penser que nous devrions étudier comment transformer et emmagasiner au moins une fraction de cette énergie. Les plantes ont développé la photosynthèse qui transforme l’énergie du soleil en énergie utilisable pour la plante. Dans un sens, l’agriculture est une innovation humaine qui utilise l’énergie solaire. Il existe d’autres sortes d’énergies naturelles comme certaines fermentations ou encore le composte qui produisent du méthane, etc. Le point est que nous devons commencer notre transition par un changement dans notre façon de produire de l’énergie.

La ventilation termite

Le suédois Anders Nyquist a repensé le système de ventilation d’une école de 1933 à Timrå en Suède. Le système de ventilation s’inspire des villes termites pour y faire circuler l’air permettant une circulation ainsi qu’une climatisation efficace et naturelle. Le toit de l’école est chauffé par le soleil, créant un courant d’air chaud qui s’accélère vers une sortie d’air au plafond. Ce mouvement crée une aspiration d’air, qui est reliée à des conduits souterrains qui refroidissent l’air avant d’entrer dans l’école. En hiver, l’air est préchauffé dans le sol, mais circule tout de même naturellement dans l’école. L’air de cette école est plus riche en oxygène et plus frais en été, sans l’aide de climatisation artificielle permettant une économie d’énergie. L’air ainsi constamment renouvelé aide à la concentration, et à maintenir un bon niveau de santé général.

Le vortex

Le vortex est un phénomène physique dans lequel on retrouve une plus basse pression en son centre qu’à l’extérieur. Quand les conditions sont favorables, le vortex créera un mouvement autour de son centre. On peut penser à une toilette qui se vide ou encore à une tornade. Une compagnie suédoise appelée Watreco AB a inventé un appareil qui imite ce principe pour améliorer les propriétés de l’eau. L’eau y est forcée dans un vortex artificiel. L’effet du vortex augmente naturellement la pression à l’extérieur du vortex, donc l’air étant plus léger se retrouve au centre du vortex et se sépare de l’eau. La vélocité de l’eau à l’extérieur du vortex est si vive, que le calcaire contenu dans l’eau se dissout, le rendant inoffensif aux conduits d’eau. La Ligue Nationale de Hockey utilise ces appareils pour préparer l’eau qui leur servira à faire la patinoire. L’eau dont le niveau d’air est réduit donne une glace plus dure, moins poreuse et pouvant être maintenue 1 ou 2 degré plus chaud, ce qui représente une économie d’énergie. Normalement, pour enlever l’air de l’eau, on doit apporter l’eau à environ 71 degrés Celcius ce qui devient encore plus couteux en énergie. Les compagnies ayant des systèmes de refroidissement à l’eau peuvent aussi utiliser ce vortex. L’eau aillant passée dans le vortex absorbe 3 à 5% plus de chaleur et élimine à 100 % la nécessité d’utiliser des produits chimiques pour dissoudre le calcaire dans l’eau. En poussant le concept un peu plus loin, les bactéries comme le E-Coli qui peuvent vivre dans l’eau ont besoin d’air, donc en réduisant le niveau d’air dans l’eau, les bactéries ont moins de chance de survie.

Conversion des déchets

Une opportunité dans presque tous les domaines est la gestion des déchets. Les dépotoirs dans lesquels nous envoyons nos déchets produisent une haute quantité de gaz à effet de serre et détruisent les écosystèmes environnants. Notre utilisation abusive de plastiques à usage unique a également un effet dévastateur sur les océans. En Colombie, une initiative a été lancée vers la fin des années 90 dans laquelle les producteurs de café réutilisent les déchets issus de l’agriculture de café pour produire des champignons convoités dans l’industrie alimentaire. L’industrie des champignons est une industrie lucrative, donc l’initiative permet aux producteurs de café de créer une source de revenus supplémentaire à partir de leurs déchets, tout en réduisant leur impact écologique négatif. En Suède, on y transforme des déchets non-organiques en énergie, et 99% des déchets qui y sont produits sont recyclés d’une façon ou d’une autre. La meilleure solution à long terme est bien sûr de réduire la quantité de déchets que nous produisons, mais le gouvernement et des compagnies de gestion de déchet suédois se sont penchés sur le problème actuel. Premièrement, le gouvernement suédois offre les infrastructures et l’éducation nécessaires pour que les habitants puissent mieux trier leurs déchets. Par la suite, ces déchets non-organiques sont transformés en objets ou matériaux, et la portion qui ne se recycle pas est incinérée pour produire de l’énergie. L’incinération de 3 tonnes de déchets donne l’énergie de 1 tonne d’huile, ce qui règle deux problèmes d’un coup: la gestion des déchets et une diminution en demande d’huile. Cette incinération est faite dans les règles de l’art pour réduire au maximum les impacts écologiques négatifs, en passant la fumée dans différents filtres et eau. Les filtres sont pour l’instant des déchets, mais l’eau chargée en CO2 et autres gaz à effet de serre est envoyée pour remplir de vieilles mines abandonnées d’où provient probablement ce CO2 de toute façon. Dans les cendres, le métal est retiré et recyclé, alors que la porcelaine et la tuile qui ne brulent pas et ne se recyclent pas sont utilisés pour la construction de routes. Ce système en Suède fonctionne si bien, qu’en 2014 le pays a importé 2,7 millions de tonnes de déchets provenants d’autres pays européens, créant ainsi une source additionnelle de revenus pour le pays, tout en retirant encore plus de déchets des dépotoirs européens.

La permaculture

En agriculture, on utilise beaucoup de produits chimiques, d’organismes génétiquement modifiés, des pratiques manquant d’éthique envers les animaux et souvent des quantité abusive de ressources pour augmenter «l’efficacité» de ce que l’on cultive (végétaux ou animaux). Au passage, ces procédés ont des impacts négatifs majeurs sur la biodiversité, la santé, la qualité des sols, de l’eau et de l’air des zones agricoles. Il existe un principe que l’on appelle la permaculture, qui vise à créer un système écologique dans lequel le design et les organismes composants la ferme sont précisément choisis pour leurs propriétés naturelles à agir en synergie et assurer la performance de la ferme. L’utilisation de produits chimiques comme des engrais, pesticides, herbicides etc., est remplacée par l’utilisation d’organismes qui offrent naturellement ces propriétés. En Afrique à Porto Novo, le Centre Songhaï fondé par Père Godfrey Nzamujo estime que l’agriculture passe par la compréhension de l’écosystème de la région où l’on se trouve pour ensuite reproduire cet symbiose à notre avantage. Son but est de réussir à produire plus avec moins, en utilisant la nature comme allié. Il a donné beaucoup de conférences, d’ailleurs disponibles sur internet, à ce sujet. Sur sa ferme, l’utilisation des plantes, animaux, bactéries, insectes, sol et déchets est calculée pour en assurer le bon fonctionnement, ainsi qu’une haute productivité même en période de sécheresse, sans avoir à importer de ressources supplémentaires et de produits chimiques. Tout y est réutilisé, rien n’est perdu. Les déchets produits par l’activité agricole sont en partie transformés pour produire du méthane qui sert à créer de l’électricité pour la région et même pour alimenter en gaz des BBQ. L’autre partie des déchets sert à alimenter le reste des organismes de la ferme. Par exemple, ils ont créé un endroit spécifique sur la ferme qu’ils comparent à un hôtel Sheraton pour les mouches, permettant de les garder à l’écart. Les carcasses animales y sont déposées pour que les mouches aillent y produire des larves qui en premier lieu mangerons les carcasses. Ensuite, les larves sont collectés pour nourrir les poissons et les cailles sur la ferme. Les enclos d’animaux sont nettoyés à l’eau, qui s’écoule vers les champs nourrissant le sol au passage. Le sol agit comme un filtre qui purifie cette eau, qui est ensuite recueillie dans un lac de l’autre coté du champs où les poissons y sont cultivés. La ferme de Nzamujo n’importe presque rien, puisqu’ils produisent eux-même presque tout ce dont ils ont besoin, résultat d’une judicieuse utilisation de leur ressources. Père Godfrey Nzamujo combat l’exode rural en utilisant la force de chaque individu à l’avantage de la communauté.

Guérison par des larves

La production de larves de mouche ouvre un autre marché (surprenant oui), soit celui de la guérison de blessure. Certaines personnes ayant un système immunitaire faible voient leurs blessures se nécroser et certains endroits sont trop pauvres pour être en mesure d’offrir des anti-biotiques contre les infections de plaies ouvertes. Certains docteurs dans le monde utilisent un traitement de larve en plaçant des larves vivantes directement dans la blessure. Elles mangeront alors uniquement les tissus morts, et leur salive a un effet anti-bactérien ce qui élimine la nécessité d’utiliser des anti-biotiques qui ont souvent des effets secondaires et sont très couteux.

Il ne s’agit ici que de quelques exemples, mais le grand défi de notre époque pourrait être en partie réglé par la conversion de nos applications courantes en solutions plus écologiquement efficaces, inspirées par la nature elle-même, ce qui je crois assurerait une transition plus fluide vers un futur durable sans diminuer notre style de vie actuel. Créer une économie qui s’inspire de la nature pour le bien de tous. Être capable de faire plus avec moins. Dans mon prochain article, j’aborderai la question qui je crois a le plus de potentiel. Comment faire pour que ces changements vers un avenir durable soient adoptés? Comment pouvons nous avoir un impact en tant qu’individu contre l’immensité de la situation?

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