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La Terre: Philosophie et spiritualité

Dans cet article, je vais tenter d’illustrer que la spiritualité est une solide solution à notre problème environnemental ainsi qu’à tous les problèmes d’inégalité en cours. Pour certains, spiritualité veut dire religion qui parfois rime avec oppression, dogme, conflit. etc. Il est vrai que certaines pratiques dites spirituelles essaient de justifier des actes violents et oppresseurs «pour le bien de tous». Je ne parle pas de ça ici.

Je pense que nous sommes collectivement déséquilibrés entre la performance et notre bien-être. La quête de performance nous a apporté de merveilleuses inventions, mais a poussé les limites de la planète et des humains à leur maximum. Tout est en constante accélération et de plus en plus nous perdons contact avec le sens profond de nos vies.

Ce qui nous distingue le plus du règne animal est notre cerveau doté d’une superbe intelligence. Nous pouvons inventer, comprendre, analyser, optimiser, créer, apprendre, estimer, etc. Cependant, le mental est devenu le dictateur de notre vie et de la société. Le mental est composé de l’égo, habitudes, traumatismes, cultures, peurs, désirs, déceptions, etc. Tous ces éléments agissent comme des filtres dans lesquels passe la réalité créant ainsi une version de la réalité unique à soi. Le réel problème est qu’on s’identifie à cette réalité alternative que nous prenons pour une réalité objective alors qu’elle est totalement subjective. Si je porte des lunettes à verres roses, je verrai tout en rose, mais le vrai problème est que je ne me rends pas compte que je porte des lunettes et donc je suis 100% convaincu que tout est rose. Voilà ce que fait le mental et pourtant, notre société est construite par lui. À l’intérieur du mental vit l’égo. L’égo voit toutes les situations de notre vie dans l’angle qui donne raison, même si on a fondamentalement tord. Il veut être le roi de la montagne et la fin justifie les moyens. Le racisme, sexisme, spécisme, préjugés, guerres, etc, sont des concepts créés et justifiés par l’égo. La violence, physique ou psychologique, est le résultat de l’enracinement profond de l’égo dans notre société. Comment enlever les lunettes roses? Une pratique spirituelle axée sur l’observation de soi est un moyen de plus en plus utilisé. Quand on s’observe on commence à comprendre les déclencheurs qui nous font agir. On se rend finalement compte qu’on porte des lunettes. Si on veut survivre aux défis du futur, le développement de la conscience est primordial autant à l’échelle individuelle que social, spécialement maintenant. 

Pensons au corps humain. Notre corps évolue de jour en jour que l’on aille au gym ou non. Il n’évolue tout simplement pas de la même façon. Il en va de même avec notre conscience. Facebook, Youtube, etc, sont pour plusieurs les sources d’information principales. Il peut être difficile de discerner le vrai du faux sur ces médias. Plusieurs publications sont présentées hors contexte et nous entrainent à avoir des vision très limitées. Être aveuglé ne sera jamais bon. Si on ne décide pas d’entretenir sa conscience soi-même, le mental inconscient prendra la relève. Le monde des 50 dernières années en est la preuve.

Presque partout sur la planète, nous sommes influencés très jeune à penser que l’argent prime sur tout et qu’il est signe de bonheur et succès. Le monde économique actuel a été conçu pour ça. Chaque année, nous devons accomplir les mêmes standards que l’année d’avant, mais mieux et plus vite, non pas pour profiter de la vie, mais pour en faire plus. Cette formule est sur repeat. L’argent, la performance, les possessions et le luxe sont signe de pouvoir. L’égo adore ça et s’y enracine. Nous apprenons que ce sont ces choses même qui nous rendront heureux, du moins c’est ce que les bombardements de campagnes publicitaires veulent nous faire croire. La rentabilité et la convivialité sont une priorité. Qu’en est-il du coût environnemental? Vaut mieux économiser sur une solution à rabais que de dépenser pour une solution écologiquement responsable. Les grandes entreprises font fabriquer leurs produits dans des pays où les normes environnementales et humaines sont basses, assurant ainsi des coûts de production bas. Elles salivent à l’idée du profit. Qu’en est-il du coût environnemental? Plus nous achetons, plus elles produisent et ainsi, plus nous bouleversons notre planète. Les ressources naturelles nécessaires, l’énergie, les transports, la pollution, etc. Tout ça donne un sens à la vie? Qu’en est-il du coût humain? L’argent a généralement priorité sur notre bien-être. Il vaut mieux donc être malheureux et malade, mais riche. Les statistiques de dépression et ses dévirés ainsi que les maladies dégénératives sont en constante augmentation. Qu’enseignons-nous à nos enfants qui naissent de plus en plus malades? Tout revient à l’égo, stressé de performer dans un système où bonheur et succès se mesurent par le pouvoir d’achat. L’argent prime sur tout, même sur la vie. Je ne questionne pas le principe de l’argent, je questionne plutôt notre relation avec lui et le pouvoir que nous lui attribuons. Je questionne la consommation inconsciente, celle dirigée par l’influence du mental. Pour l’instant, c’est l’égo humain qui est la cause fondamentale du début de la sixième extinction. La source de pratiquement tous les conflits et problèmes de notre société actuelle est l’égo. Le développement de notre conscience constitue la meilleure façon de se détacher de tout ce système qui nous coute la planète et par extension notre survie. Il faut enlever les lunettes roses. Soit nous allons choisir de de le faire ou la planète nous y forcera.

Voici quelques lignes tirées d’un rapport des Nations Unies sorti en mai 2019. Ce rapport assemblé à l’aide de 145 experts provenant de 50 pays résume les impacts de notre style de vie actuel. Les lignes du rapport qui m’ont le plus frappé:

Des dizaines et même des centaines de fois plus élevé: le taux actuel d’extinction des espèces dans le monde est supérieur à la moyenne des 10 derniers millions d’années, et ce taux s’accélère

75 % du milieu terrestre est « sévèrement altéré » à ce jour par les activités humaines (milieu marin 66 %)

+/- 60 milliards : tonnes de ressources renouvelables et non renouvelables extraites dans le monde chaque année, en hausse de près de 100 % depuis 1980

235 à 577 milliards de $ US: c’est le montant annuel de la production agricole mondiale en péril en raison de la disparition des pollinisateurs

+/- 25 % : émissions de gaz à effet de serre causées par le défrichement, la production agricole et la fertilisation ; la production de nourriture d’origine animale qui contribue à 75 % de ce chiffre

100 milliards de dollars US : niveau estimé du soutien financier fourni par les pays de l’OCDE (2015) à un type d’agriculture potentiellement nocif pour l’environnement

+/- 50 % : couverture des récifs coralliens qui a disparu depuis les années 1870

400 : écosystèmes côtiers à faible teneur en oxygène (hypoxiques), dits « zones mortes » causées par les engrais et occupant > 245.000 km2

57 % : pourcentage des subventions pour le renforcement des capacités qui peuvent avoir un impact négatif sur la nature, sur un montant total de 35 milliards de dollars US consacrés à des mesures de soutien pour la pêche

50 % : expansion agricole qui a eu lieu au détriment des forêts

345 milliards de dollars US : subventions mondiales pour les combustibles fossiles entraînant des coûts globaux de 5 000 milliards de dollars US, y compris les effets externes de détérioration de la nature ; le charbon représente 52 % des subventions après impôts, le pétrole +/-33 % et le gaz naturel +/-10 %

>100 % : croissance des zones urbaines depuis 1992

105 % : augmentation de la population humaine mondiale (de 3,7 à 7,6 milliards) depuis 1970

>2 500 : conflits pour les combustibles fossiles, l’eau, la nourriture et la terre actuellement en cours dans le monde

>1 000 : militants écologistes et journalistes tués entre 2002 et 2013

80 % : eaux usées mondiales rejetées non traitées dans l’environnement

300 à 400 millions de tonnes : métaux lourds, solvants, boues toxiques et autres déchets provenant d’installations industrielles déversés annuellement dans les eaux du monde

10 fois : augmentation de la pollution plastique depuis 1980

Augmentation de 100 % des émissions de gaz à effet de serre depuis 1980, ce qui a fait augmenter la température moyenne de la planète d’au moins 0,7 degré

Il est évident que nous vivons d’une façon qui ne peut être soutenue par la Terre. Tout le monde doit changer rapidement sa façon de voir et vivre sa vie, c’est ça le vrai défi. Prenons l’exemple simple d’une épicerie en vrac qui offre la possibilité d’apporter des contenants réutilisables, mais offre également des sacs de plastique. Si les clients de cette épicerie continuent d’utiliser les sacs de plastique au lieu d’apporter leurs propres contenants, pensez-vous vraiment que cette épicerie cessera d’offrir les sacs de plastique? Peu d’entreprises prendraient le risque de changer drastiquement l’habitude de sa clientèle, même si ses intentions sont bonnes. Pensez-vous que les bouteilles d’eau de plastique cesseront d’être vendues si on les achètes encore? Pensez vous que les compagnies arrêteront de vendre des produits suremballés si on les achètent encore? Pensez-vous que les agriculteurs cesseront l’utilisation d’OGM et de produits chimiques si on achètent encore tous les produits dérivés de ce type d’agriculture? Voyez-vous où je veux en venir? J’ai lu une phrase un jour qui avait pour moi beaucoup de sens: «On ne bat pas un système en voulant le détruire, mais en cessant de l’utiliser». Admettons qu’à partir de demain matin, personne n’achète un produit qui n’est pas écologiquement durable. Qu’arrivera t-il? Les systèmes s’ajusteront ou cesseront d’exister. Les gouvernements pourraient passer des lois pour forcer le changement, cependant par peur d’être impopulaires, les dirigeants semblent réticents à prendre des mesures radicales, malgré leur nécessité. Nous ne devons pas attendre après eux pour initier le changement, c’est un processus trop lent qui ne sera enclenché que s’il leur rapporte. D’ailleurs, nous sommes bien loin d’atteindre les objectifs annuels de l’accord de Paris qu’eux même s’étaient fixés. Les grandes entreprises influencent majoritairement notre façon de consommer, mais le problème est nous avons inconsciemment embarqué dans le bateau. En quelques décennies, cette chimie entre les entreprises et les consommateurs a potentiellement déclenché la sixième extinction de masse sur Terre.

Voter avec son dollar.

Les compagnies se battent pour créer une demande et y répondre après. Il faut comprendre que chaque dollar dépensé est une forme de financement. Quand je dépense à un certain endroit je finance tout ce qui y rattache. Prenons par exemple l’industrie du textile bon marché. Pour assurer des coûts de production minimaux, beaucoup d’entreprises font fabriquer leurs vêtements dans des usines où les conditions humaines sont exécrables. Il y a des rivières en Inde qui sont comme du poison à cause des teintures à vêtements déversés dans celles-ci. Rien ne peut y vivre et les humains habitants dans ces régions développent souvent des maladies cutanées jamais vues ailleurs voir même, mortelles. L’agriculture de coton génétiquement modifié assure une production élevée et rapide, mais engendre l’appauvrissement des sols et détruit la biodiversité des endroits où il est cultivé, comme le reste des mono-cultures génétiquement modifiées d’ailleurs. Pourquoi font-elles tout ça? Pour permettre aux gens d’acheter du linge à rabais. Est-ce que ça marche? Absolument et c’est pourquoi ces pratiques humainement et écologiquement non-responsables continuent. Ces pratiques sont financées par les clients de cette industrie. Chaque dollar dépensé dit «je suis d’accord avec vous, continuez comme ça». En Amérique, environ 49% du sol est utilisé pour l’agriculture, mais 99% de ce 49% est utilisé pour cultivé le maïs et soya génétiquement modifiés qui serviront à nourrir le bétail et créer toutes sortes de produits dérivés. Ces mono-cultures d’OGM aspergés de produits chimiques, détruisent les sols et se déversent dans les rivières qui elles acheminent ces produits chimiques à l’océan provoquant les zones dépourvues d’oxygène où tout y meurt. L’agriculture animale n’est pas luisante non plus. Certains rapports démontrent que si on prend en compte tous les impacts directs et indirects de l’agriculture animale, cette pratique génère plus de pollution que toute l’industrie du transport. Pourquoi ces pratiques existent-elles encore? Parce que nous les finançons. Notre dollars a beaucoup de pouvoir sur l’avenir que nous voulons voir. Commençons par s’éduquer, enlever les lunettes roses et ensuite acheter des entreprises qui utilisent des principes de production durables. Il faut se rendre à l’évidence que le coût environnemental n’est pas compté dans le calcul économique de la vaste majorité des entreprises. Il en revient à nous de bien choisir, même si c’est plus cher et moins convivial. Certes nous sommes influencés à acheter d’une certaine façon, mais personne ne nous y oblige vraiment. Nous avons le choix de dépenser notre argent où nous voulons, mais est ce que nous achetons avec les lunettes roses au visage?

Le bonheur

Le problème du bonheur est qu’on ne sait pas comment le trouver seul et en silence. On le cherche généralement à l’extérieur de soi et ce qu’on trouve souvent est une thérapie matérialiste. On le cherche à rabais en ligne et dans les vitrines de centres d’achat. Il est très difficile d’être satisfait et heureux à long terme quand on ne vit que sur des petits buzz de bonheur passagers. Nous sommes souvent soumis au besoin de satisfaire les désirs créés par le mental inconscient. Ma pratique spirituelle a fait évoluer mes définitions du succès et du bonheur. Un peu comme tout le monde mon idée du succès passait inévitablement par le gros salaire qui allait me permettre de trouver le bonheur en achetant tous les trucs de luxe dont tout le monde rêve. «Je serai heureux quand j’aurai telle et telle chose…». Je ne crois plus que le bonheur réel se trouve là-bas. En fait, le bonheur réel ne peut être cherché, ni trouvé. Le bonheur est à l’intérieur, ici et maintenant, aussi cliché cela puisse paraitre. Il est caché sous la montagne d’émotions et de pensées créées par le mental qui lui, vit dans l’envie d’atteindre les barèmes de succès ridiculement élevés de la société. Tellement difficiles à atteindre, qu’ils en deviennent finalement une source d’insatisfaction et de stress. La course vers rêve américain est potentiellement ce qui cause le plus de souffrance. La plupart ont mis leurs propres rêves de côté pour le rêve américain. La spiritualité que je veux promouvoir ici est celle qui me permet de vivre ici et maintenant. Celle qui me permet de me comprendre et réduire l’emprise du mental laissant place à ce que je suis vraiment. Celle qui me permet de répondre au lieu de réagir. Celle qui permet à l’Être que je suis de finalement faire surface. Là où je me sens le plus aligné et heureux. La principale raison de notre constante insatisfaction, est parce que c’est l’égo qui mène. C’est dans sa nature de vouloir être le roi de la montagne. Il veut toujours plus, il n’est jamais satisfait. Ma pratique spirituelle est composée de yoga et méditation avec lesquels j’ai développé un sens de bonheur toujours omniprésent. Ma consommation a diminuer vers ce que j’ai réellement besoin et ce qui me passionne vraiment, plutôt qu’être une quête de bonheurs passagers comme j’avais l’habitude de faire. Plus j’apprends à me connaître, plus j’aligne ma vie vers ce que je suis. Ma passion pour l’enseignement et le bien-être constituent pour moi une vocation qui contribue à mon bonheur. C’est l’égo insatisfait qui nous entraine généralement dans la surconsommation. Voilà pourquoi selon moi chaque individu doit développer une pratique spirituelle qui lui permet de se détacher de l’égo et commencer à utiliser le mental comme un outil, plutôt qu’être le sien. Quand une personne enlève ses lunettes roses et donne un sens profond à sa vie qui résonne avec elle, le meilleur d’elle fait surface et en fait bénéficier alentour d’elle. Le passage de la vie menée par le mental inconscient vers celle vécue en conscience est le prochain grand pas de l’humanité. Tant et aussi longtemps que l’égo mènera la planète, nous continuerons de nous diriger vers un ravin. Quand le bonheur vient de l’intérieur et toujours présent, on laisse derrière soi les habitudes qui ne nous servent plus, comme la surconsommation qui a un grand impact sur l’environnement.

Tant et aussi longtemps que nous serons attachés à nos vieilles philosophies, à notre façon actuelle de voir ce qu’est la vie et comment la vivre, nous resterons dans ce cercle vicieux qui nous entraine vers notre propre extinction. Nous devons commencer à questionner. J’étais curieux de comprendre l’impact de ma consommation. Après m’être éduquer en lisant quelques livres, en assistant à des conférences et en regardant plusieurs documentaires (dont plusieurs m’ont fait pleurer), j’ai établi une sorte d’éthique que je respecte du mieux que je peux lorsque je dois acheter quelque chose. La montée en popularité du véganisme, de l’économie locale, du minimalisme, du slowprenariat et de la biodynamie démontrent un début d’évolution de la conscience collective. Les changements doivent commencer par soi. J’entends souvent les gens blâmer les gouvernements et les entreprises d’être les grands responsables de la situation écologique actuelle, mais qu’en est-il de ces mêmes personnes? Je suis persuadé que si nous allions dans une manifestation environnementaliste, nous trouverions plein de gens qui ont un style de vie qui non-écologiquement responsable sans le savoir. Nous verrions probablement que la survie des entreprises qu’ils dénoncent provient du fait qu’ils continuent d’acheter leurs produits. Il n’est pas non plus rare de voir un gouvernement prendre une décision écologiquement responsable et de voir des gens s’insurger parce qu’elle est moins conviviale pour eux. Les gouvernements et les entreprises ont définitivement un rôle important à jouer, mais je pense vraiment que tout le monde doit évoluer. Si on cesse de financer les pratiques destructrices, nous pourrons changer le cours des choses rapidement. Si notre bonheur vient de l’intérieur, nos besoins changeront. Si chaque individu cesse de penser qu’il n’a pas d’impact sur l’avenir et commence à évoluer, le reste suivra ou disparaitra. On ne se rend pas compte souvent que des changements dans sa vie peuvent créer un effet papillon alentour de soi. Prenons notre pratique spirituelle en charge et développons notre conscience. Éduquons-nous. Soyons le changement que nous voulons voir.

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